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"Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel" (Jean Jaures/discours à la jeunesse)

"Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel" (Jean Jaures/discours à la jeunesse)

mardi 9 juillet 2013

Givet : le nouveau monument au 148ème R.I. est terminé !

La rénovation des quais de la rive gauche de la Meuse, commencée en septembre dernier, s'est achevée il y a maintenant un peu plus de 3 semaines. Ces travaux lourds qui ont perturbé le quotidien des Givetois pendant plus de neuf mois ont accouché d'une splendide réalisation saluée de tous, sauf bien sûr des quelques éternels grincheux que la haine d'un homme ou d'une profession rend totalement aveugle. Ils ont aussi été l'occasion de déplacer le monument au 148ème R.I., qui tint garnison dans la ville de 1899 à 1914, de son emplacement hautement symbolique puisque situé à l'entrée du pont reliant les savates et les galoches (autrement dit, pour ceux qui ne maîtriseraient les rudiments de l'histoire locale, le Grand Givet et le Petit Givet) à la place Sourdille localisée au pied de la pointe est de la forteresse de Charlemont. Un transfert à risque pensait-on, bien que son objectif était justement de réduire les risques générés par la forte circulation lors des cérémonies commémoratives, qui est cependant passé comme une lettre à la Poste avant sa privatisation rampante grâce à une concertation poussée entre la municipalité et toutes les associations patriotiques de la ville. Il restait donc seulement à savoir à quoi ressemblerait le remplaçant, en pierre bleues made in Belgium, du beau monument réalisé en 1933 par l'artiste local Stanislas Martougen. Maintenant, la question ne se pose plus ! Comme vous pouvez le voir sur les photos ci-dessous, c'est pratiquement le même que l'original, à quelques détails près que seuls les fins connaisseurs remarqueront...

Laurent Bouvier





dimanche 7 juillet 2013

Quand le Conseil général se met au développement durable, on doit l’en féliciter !

Un nuton, vous savez ce que c’est ? Si vous êtes originaires des Ardennes, la réponse est très probablement oui. Par contre, si vous venez d’ailleurs, c’est très peu probable. Aussi, afin de mettre sur un pied d’égalité les Ardennais de souche et les Ardennais d’adoption comme on se plait à dire par ici, nous allons préciser ! Un nuton (ou nûton, voire lûton) est une petite créature, issue des croyances populaires des Ardennes françaises et de la Wallonie, qui est très proche du lutin avec lequel il partage la même origine linguistique. Il s’en différencie cependant par son habitat qui est formé, comme celui du nain germanique, par des grottes, des cavernes et des souterrains. D’après la tradition, si on lui déposait le soir des objets endommagés, avec un peu de nourriture, on les retrouvait réparés le lendemain matin. De bien braves êtres donc, mais attention gentil n’a qu’un œil puisque lorsqu’un nuton prenait la parole, ce qui était très rare, c’était toujours pour livrer des messages désagréables. A l’occasion, il leur arrivait aussi de lancer des sortilèges qui étaient particulièrement craints.

Pour le Conseil général des Ardennes, qui a tendance à ne voir que le bon côté des choses, cette créature taciturne dont le nom est depuis longtemps un synonyme local de misanthrope est devenue depuis le Salon de l’Agriculture de 2011 Nuto, un sympathique lutin aux couleurs vives censé donner une image attractive et gaie de notre département. Récemment, il a été dessiné sur des panneaux d’informations placés sur l’ensemble du réseau routier départemental afin de faire la promotion d’un nouveau mode de gestion des accotements : le fauchage raisonné ! De quoi s’agit-il ? Tout simplement d’une méthode d’entretien des bords de route qui consiste à relever la hauteur de fauche, à limiter la largeur de coupe aux seules bordures des chaussées et à repousser le débroussaillage des fossés et des talus à l’automne afin de permettre la reproduction des espèces vivant sur ces milieux. Une façon de préserver la faune, la flore et donc l’environnement comme on peut le lire sur les panneaux du Conseil général, mais pas seulement puisque cette méthode entraîne une économie de carburant de 20 % et une multiplication par 3 de la durée de vie du matériel de fauchage tout en garantissant la sécurité des usagers de la route. C’est donc pour le PG/La Pointe, comme nous en sommes certains pour tout ceux qui ont compris qu’une route entretenue n’est pas synonyme de végétation rasée, une bonne illustration de ce que l’on peut faire en matière de développement durable…

Laurent Bouvier 


samedi 6 juillet 2013

Etablissements scolaires menacés : voilà les vrais engagements du ministère !

Parce que les mots ont un sens que le bon sens conduit à bien intégrer afin d'éviter les déductions trop hâtives, voici en intégralité le courrier envoyé par le Ministère de l'Education nationale le 05 juillet 2013 dans lequel est précisée la position exacte de Vincent Peillon. Un document qui mérite d'être lu avec avec une extrême attention pour bien comprendre la portée réelle des engagements pris... 

Conclusions du ministère sur la situation ardennaise 

Comme Bernard Lejeune, directeur adjoint de cabinet de Vincent Peillon, ministre de l’éducation nationale, s’y était engagé mercredi 3 juillet devant la délégation ardennaise constituée d’élus, de représentants syndicaux d’enseignants, de parents d’élèves et de membres du collectif 08 «Sauvegardons nos écoles », un courrier a été adressé en début d’après-midi à l’ensemble des membres de la délégation pour préciser la position du ministère sur chacune des situations évoquées lors de cette rencontre. 
Confirmant la décision de maintenir la filière littéraire du lycée Vauban de Givet à la rentrée 2013, Vincent Peillon a néanmoins tenu à préciser que « la faiblesse des effectifs enregistrés depuis plusieurs années nécessite de conduire une réflexion globale et structurelle pour conforter cette offre de formation. En ce sens, un travail entre les équipes pédagogiques du lycée Vauban et celle du lycée Jean Moulin de Revin doit être encouragé ». Le ministre de l’éducation nationale ajoute qu’ « une réflexion sur la qualité de l’offre linguistique doit être également menée à travers la proposition de la Région Champagne-Ardenne de créer une plate-forme linguistique mutualisée. » 
Concernant Bazeilles, Vincent Peillon souligne la « poursuite du processus de transfert des séries générales du lycée de Bazeilles vers celui de Sedan et tout l’intérêt qu’il y a à créer un pôle académique cohérent hôtellerie-restauration-tourisme autour du lycée des métiers de Bazeilles.» 
Enfin, s’agissant de la carte des collèges ardennais, Vincent Peillon estime qu’ « il devient urgent d’apporter des réponses pérennes en partant du travail et des propositions déjà avancées par les conseils d’administration des collèges Grandpré-Buzancy et Vouziers-Le Chesne » et souhaite « que ces instances représentatives, qui réunissent les représentants des élus locaux, des enseignants, des parents d’élèves et la direction de l’établissement, soient réunies dans les tous prochains jours afin de se prononcer sur l’organisation pédagogique qui leur paraît la plus adaptée entre chacun des sites pour l’année scolaire prochaine. » 
S’agissant de la démarche globale de restructuration du réseau des établissements ardennais, « dès la prochaine rentrée scolaire, Monsieur le Recteur installera un groupe de travail dédié aux lycées Vauban de Givet et Jean Moulin de Revin et un groupe de travail sur la carte de l’ensemble des collèges ardennais. Ces deux groupes de travail réuniront les collectivités territoriales et les communes compétentes, les organisations syndicales d’enseignants et les fédérations de parents d’élèves. Parallèlement, les inspections générales IGEN et IGAENR seront mobilisées pour alimenter cette réflexion. Elles établiront un diagnostic de la situation et formuleront des préconisations. » Les conclusions des groupes de travail sont attendues avant la fin du mois de décembre 2013 « afin que puisse être arrêté un nouveau schéma scolaire prenant en compte les différents points de vue mais en premier lieu celui de la réussite des élèves. »

Hollande l’austéritaire a frappé


"Des ministres avaient déjà trouvé à redire à la politique d'austérité du gouvernement. Mardi 2 juillet, 4 sensibilités du PS ont tenu une conférence de presse pour exiger une réforme fiscale dans le cadre de la préparation du budget. Mais c'est Delphine Batho qui se retrouve démise de ses fonctions pour avoir critiqué la baisse des dépenses imposée à son ministère. Selon Hollande « il y a des règles et elles s'appliquent », mais bizarrement plus aux femmes qu'aux hommes et plus pour l'écologie que pour le redressement industriel. Visiblement, femme, en charge de l'écologie et non candidate aux primaires du PS, cela signifie la porte. C'est donc la deuxième fois qu'une ministre femme de l'écologie est démissionnée pour avoir refusé une régression dans le champ de l'environnement. Le message est clair : silence dans les rangs ou dehors. On ne peut donc que saluer la dignité de Delphine Batho qui a refusé de revenir sur ses propos.

A côté, EELV, qui décide de maintenir ses ministres, fait pâle figure. D'abord parce que la baisse du budget du ministère de l'écologie est la pire de toutes. Mais quoi d'étonnant : ni Hollande ni Ayrault ne se sont jamais fait remarquer pour leur intérêt pour l'écologie. On ne peut même pas dire qu'ils sont contre. Tout simplement cela ne les intéresse pas, c'est hors de leur champ de vision. Aussi, dans une politique budgétaire de restrictions généralisées, ils ne voient pas en quoi cela pose problème de tenir un discours sur la nécessaire transition écologique tout en coupant les moyens financiers pour la mener. Plus globalement, cette baisse du budget de l'écologie n'est qu'un aspect d'une réduction de toutes les dépenses publiques et du nombre de fonctionnaires pour laquelle le ministre du budget s'est vanté de faire mieux que les gouvernements précédents de droite.

Dans ces conditions, il serait temps que se révoltent toutes celles et ceux qui au PS et à EELV ne supportent plus de voir notre pays s'enfoncer lentement mais sûrement dans la récession à l'image des autres pays du sud avant nous (Grèce, Portugal, Espagne). En s'obstinant dans ses orientations budgétaires, économiques, sociales et écologiques, Hollande divise l'électorat de gauche, les syndicats et jusqu'à son gouvernement et désespère le peuple. A l'inverse le Front de Gauche rassemble dans un projet politique alternatif en rupture avec l'austérité et pour la 6ème République pour en finir avec le délitement et le désaveu de nos institutions. Celles et ceux qui restent au gouvernement ont donc la responsabilité de la poursuite des politiques mortifères pour notre peuple au lieu de se joindre au Front de Gauche pour construire une majorité alternative porteuse d'espoir pour notre pays."

Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche


vendredi 5 juillet 2013

Hommage à Méhul pour les 250 ans de sa naissance !

Le 22 juin dernier, c’était le 250ème anniversaire de la naissance à Givet d’Etienne-Nicolas Méhul ! Pour cette occasion, on pouvait s’attendre à ce que la municipalité de cette ville organise une manifestation d’envergure afin de commémorer la mémoire de celui qui est toujours aujourd’hui son citoyen le plus illustre. Hélas, il n’en a rien été ! Pourtant, ce fils d’un modeste marchand de vin doté de talents musicaux exceptionnels l’aurait bien mérité. En effet, après avoir été découvert par un pauvre organiste aveugle de la ville dont on ne sait rien, il devint à l’âge de seulement dix ans organiste des Franciscains au couvent des Récollets. Puis, après avoir fréquenté occasionnellement l’école de musique du monastère de Laval-Dieu, près de Monthermé, il fut envoyé à Paris en 1779 grâce à la générosité d’un mécène qui l’avait entendu jouer, avec une simple lettre de recommandation. Là, il composa en 1783, à tout juste vingt ans, un livret de trois sonates qui lui permit en 1786 d’intégrer la partie musicale de la loge maçonnique l’Olympique de la Parfaite Estime. 

Désormais en contact avec les membres influents du petit monde parisien de la musique, il fit la connaissance du librettiste François-Benoît Hoffman qui lui rédigea le texte de son premier opéra à être représenté : Euphrosine ou le tyran corrigé, dont la première donnée le 4 septembre 1790 fut un immense succès ! Dès lors, sa carrière était lancée et elle fut marquée par la composition d’une trentaine d’opéras, qui connurent des fortunes variées, de cinq symphonies et de quelques cantates. Parallèlement, il s’engagea en faveur de la Révolution pour laquelle il composa des pièces de propagande et des chants patriotiques. Cela lui valut en 1795 d’être nommé à l’Institut de France et d’obtenir un des cinq postes d’inspecteurs du Conservatoire de Paris. Sous le 1er Empire, il profita de ses bonnes relations avec Napoléon pour devenir un des premiers Français à recevoir en 1804 la Légion d’Honneur avant d’obtenir en 1807 le prestigieux Prix de Rome. Toujours actif, ami de nombreux artistes et écrivains, il alterna ensuite les compositions dramatiques et les œuvres plus légères jusqu’en 1811, date à laquelle il cessa toute activité musicale jusqu’à sa mort en 1817.

Un homme au destin hors du commun donc, qui est considéré comme le plus important compositeur d’opéras en France pendant la Révolution ! Mieux, un musicien dont le nom restera à tout jamais inscrit dans notre Histoire pour avoir mis en musique en 1794 un Hymne à la Liberté que Robespierre lui-même qualifia de « poésie grandiose et républicaine » avant de le faire distribuer aux armées où il devint comme une seconde Marseillaise : le célèbre Chant du départ, qui fut à la fois l’hymne officiel de 1er Empire et la chanson fétiche des révolutionnaires de 1848, dont on peut encore entendre chaque quart d’heure les premières notes en écoutant le carillon de l’hôtel de ville de Givet et de Charleville-Mézières. Avec de tels états de service, ce personnage aurait bien mérité de recevoir un hommage des plus appuyés en cette année si particulière. Apparemment, ce ne sera pas le cas à Givet ! Heureusement, il n’en sera pas de même aux Archives Départementales des Ardennes qui présenteront du 5 octobre au 27 décembre dans leurs locaux ainsi qu’à la Vitrine des Ardennes une exposition intitulée « Papiers à musique » qui fera la part belle à Etienne-Nicolas Méhul. En attendant, le PG/La Pointe se fait un plaisir de mettre à votre disposition une version exceptionnelle du Chant du départ, interprétée d’abord en russe puis en français par les Chœurs de l’Armée Rouge… 

Laurent Bouvier