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"Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel" (Jean Jaures/discours à la jeunesse)

"Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel" (Jean Jaures/discours à la jeunesse)

dimanche 23 février 2014

Travailleurs handicapés : la triple peine !

Suite à la dernière étude de la Dares, le Parti de Gauche dénonce les conditions faites en matière d’emploi aux travailleurs et travailleuses dits handicapé-es ! Victimes comme tout un chacun de la politique austéritaire du Gouvernement anesthésiant chaque jour un peu plus l’activité dans notre pays, les travailleurs dits handicapés subissent de surcroît une triple peine ! D’abord, en ayant accès moins que la moyenne des citoyens à l’éducation, à la formation, au transport, et par conséquent à l’emploi. Ensuite, en subissant de plein fouet dans leur recherche d’emploi les attitudes discriminatoires des employeurs potentiels appelés par une législation inadéquate à s’appesantir beaucoup plus sur les déficiences des postulants à l’emploi que sur leurs capacités réelles.

Enfin, en raison de l’insuffisance des moyens consentis aux équipes d’insertion chargées spécifiquement de l’accompagnement des travailleurs dits handicapés, l’État ne cessant de se désengager de ses responsabilités en faisant supporter aux seuls Fonds d’insertion professionnelle des travailleurs dits handicapés le financement de la charge des actions -- déjà insuffisantes -- prévues par le législateur alors que la mission de ces organismes et d’intervenir en complément de l’État !

Devant une situation qui voit tout à la fois le nombre de chômeurs dits handicapés et la période d’inactivité de chacun d’entre eux progresser beaucoup plus rapidement que tous les autres salariés, le Parti de Gauche insiste sur le fait que seul un changement profond de politique économique et sociale accompagné d’un renforcement des politiques d’insertion pour les travailleurs les plus en difficulté permettra de retrouver le chemin de l’activité et un emploi pour toutes et tous.

Delphine Beauvois et Vincent Assante, responsables du Parti de Gauche à l’égalité et au handicap



samedi 22 février 2014

Droit du travail (23) : attention à ne pas abuser de la pause pipi !

Faisant état d’abus de la part de certains salariés dans la prise de temps de pause en dehors des pauses réglementaires prévues au sein de l’entreprise, la Société X… a notifié à 13 salariés, après entretiens préalables, différentes sanctions (blâmes ou avertissements). Contestant la légitimité de ces sanctions et estimant que le comportement et la surveillance mise en place par l’employeur était constitutif d’une forme de harcèlement moral, les salariés sanctionnés ont saisi le conseil de prud’hommes d’Amiens aux fins d’annulation des sanctions et paiement de dommages et intérêts.

La Cour d’Appel d’Amiens a constaté qu’il ressortait du dossier que les salariés dont les horaires de travail étaient de 13h00 à 20h30 disposaient de deux pauses de 15h30 à 15h45 et de 17h45 à 18h00 ; qu’en dehors de ces temps de pause réglementaires, les salariés disposaient par ailleurs de la possibilité de se rendre aux toilettes pour satisfaire dans des conditions normales à leurs besoins naturels ; qu’il est toutefois établi que sur deux journées de travail (21 et 22 juillet 2008), Messieurs A…,B…, C…, D…, E…, F…, G…, H…, I…, … se sont absentés de leurs postes de travail à des fréquences diverses, en dehors des temps de pause quotidiens et sans aucune justification liée à leur état de santé, pour des durées allant au total d’un minimum de 30 minutes à plus d’une heure, soit à des fréquences et pour des durées anormalement longues pour prétendre répondre à des nécessités physiologiques normales.

Dans ces conditions, la Cour d’Appel a considéré que l’employeur, informé de ces dépassements abusifs perdurant malgré de précédentes mises en garde hiérarchiques, pouvait légitimement mettre en place un dispositif de contrôle et de comptabilisation des durées d’ absence au poste de travail en dehors des temps de pause réglementaires et user de son pouvoir disciplinaire pour sanctionner les abus commis par les intéressés, sans que cette manière de faire puisse laisser supposer, à défaut de tout autre élément, l’existence d’un harcèlement moral ou une atteinte aux libertés et droits fondamentaux des intéressés (Cour d’Appel d’Amiens, 26 octobre 2010 n° 10/00306). 

Eric Rocheblave, avocat en droit du travail et de la sécurité sociale