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"Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel" (Jean Jaures/discours à la jeunesse)

"Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel" (Jean Jaures/discours à la jeunesse)

vendredi 11 décembre 2015

Viroquois : excellente initiative que la mutualisation des fêtes patriotiques !


Face au double constat que les cérémonies patriotiques attirent de moins en moins de monde mais qu'elles peuvent aboutir à des dépenses non négligeables lorsqu'elles sont suivies par un vin d'honneur, certaines communes ont décidé de réagir. C'est le cas de Hierges, Vireux-Molhain et Vireux-Wallerand qui mutualisent maintenant (à ne pas confondre avec une une centralisation dans une seule commune) l'organisation de ces cérémonies, ce qui permet un dépôt de gerbe dans chacune d'entre elles et le financement d'un seul vin d'honneur. Une excellente initiative qu'il convient de saluer, en espérant qu'elle sera imitée par beaucoup d'autres communes... 

mardi 8 décembre 2015

Régionales : Jean-Pierre Masseret sera bien présent au 2nd tour, sauf si...

"Jean-Pierre Masseret, tête de liste du Parti socialiste en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, a confirmé lundi à la mi-journée son maintien au second tour des régionales en dépit des appels au retrait des responsables de sa formation. Le Premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis avait annoncé plus tôt dans la matinée le retrait de la liste PS dans cette région, comme il l'avait fait dimanche soir en Provence-Alpes-Côte d'Azur et Nord-Pas-de-Calais-Picardie, avec finalement l'accord des têtes de liste locales. 

Après les déclarations de Jean-Pierre Masseret, Jean-Christophe Cambadélis a réaffirmé sa volonté d'aboutir à un retrait de cette liste et d'autres options sont possibles, comme le refus de la moitié des candidats d'y figurer, ce qui l'invaliderait. "Un socialiste ne peut pas être mêlé de près ou de loin à l'élection d'un responsable du Front national", a-t-il prévenu. "Nous avons jusqu'à mardi midi, on va discuter, on va le convaincre", a dit Jean-Christophe Cambadélis, ajoutant "à la fin, la raison l'entendra". 

La liste dirigée par Jean-Pierre Masseret est arrivée en troisième position du premier tour, dimanche, avec 16,11% des suffrages, loin derrière celles des Républicains (25,83%) et du Front national, qui est en tête avec 36,06% des voix. L'ancien secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, qui a exclu dès dimanche soir de se retirer, a indiqué lundi que sa décision avait été "très difficile" à prendre. "Nous nous maintenons et nous pensons que c'est la meilleure façon de nous opposer au Front national. Nous pensons que c'est en siégeant dans l'assemblée territoriale que nous pourrons le mieux faire reculer le Front national, en occupant la place dans l'opposition", a-t-il dit.

Les dix têtes de liste et les dix secrétaires fédéraux de la région ont été invités par Jean-Pierre Masseret à s'exprimer dans la matinée sur le maintien ou le retrait de la liste. Sept voix seulement ont prôné le retrait, dont la secrétaire fédérale du Bas-Rhin, Pernelle Richardot. Elle a publié lundi après-midi un communiqué appelant à "barrer la route au Front national". "Rien ne serait pire que de ne pas reconnaître la faiblesse de notre score", a-t-elle dit à Reuters pour expliquer son désaccord avec Jean-Pierre Masseret. 

Le refus de Jean-Pierre Masseret d'obtempérer à une décision prise à l'unanimité par le bureau national du PS devrait logiquement déboucher sur la non investiture de sa liste. Autre hypothèse : un retrait de la liste par désistement de la majorité de ses membres, soit 95 sur 189, d'ici mardi 18 heures, date butoir pour le dépôt des candidatures." 

(Yann Le Guernigou et Myriam Rivet, avec Gilbert Reilhac à Strasbourg, pour Thomson Reuters)

mercredi 2 décembre 2015

Régionales : un sondage donne le FN gagnant dans la grande région Nord-est !

1er tour : le FN en progrès arriverait nettement en tête devant la droite qui recule ! 


2ème tour : le FN pourrait l'emporter dans une triangulaire d'une courte tête devant la droite



2ème tour : le FN serait largement battu en cas de duel avec la droite


(pour une meilleure lecture des documents, vous pouvez les agrandir en faisant un clic gauche dessus)

Sondage réalisé par l'institut Elare pour Les Echos du 26 au 30 novembre, auprès d’un échantillon de 922 personnes inscrites sur les listes électorales des régions Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine / La marge d'erreur est de 2,8 % pour un résultat de 35 % et de 2,5 % pour un résultat de 30 %

mardi 1 décembre 2015

"Le triomphe de la République" : une excellente chronique à méditer !

"Si le sujet n’était pas chargé de gravité – et même de drames –, on pourrait en sourire. S’esclaffer même. Je pense à la nouvelle fortune, à gauche, du joli mot de "république". Nos dirigeants, Manuel Valls en tête, l’emploient dorénavant de façon obsessionnelle. Une bonne quarantaine de fois par jour. Dans le même temps, il est vrai, on chante "la Marseillaise", on remet le bleu-blanc-rouge à l’honneur, et l’on s’enthousiasme jusqu’à Washington, Londres ou Berlin, pour la superbe devise française, "Liberté, égalité, fraternité". On ne se plaindra sûrement pas de ces invocations patriotiques en diable. Alors pourquoi sourire de tout cela ? 

Parce que, voici quelques années, l’adjectif "républicain" était surtout employé, à gauche, pour disqualifier un citoyen ou un intellectuel. Républicain, cela voulait dire plus ou moins hostile à la démocratie, suspect de flirter avec ce qu’on appelait les "rouges-bruns". Un homme aura fait les frais de cet ostracisme "tendance" pendant des années : Jean-Pierre Chevènement. De ce "républicain archaïque", on se moquait jour après jour. Républicain à l’ancienne, vétilleux défenseur de l’Etat et de l’unité nationale, Jean-Pierre Chevènement fut l’objet d’une moquerie permanente, pour ne pas dire méprisante. Dans les années 1990, ce moralisme anti-chevènementiste se manifestait à chaque occasion. Et parfois de manière insensée. 

Un exemple ? On se souvient que Chevènement eut le courage de démissionner de son poste de ministre de  la Défense, le 29 janvier 1991, car il n’approuvait pas l’entrée en guerre de la France au moment de la première guerre du Golfe. Est-ce si courant, un ministre qui préfère la fidélité à ses convictions plutôt qu’un ministère régalien ? Or comment donc fut saluée, à gauche, cette droiture courageuse ? En dépit du respect que m’inspire Françoise Giroud, je n’ai jamais digéré le titre injurieux de sa chronique dans "le Nouvel Observateur" : "le déserteur". Oh ! certes, il était parfaitement légitime d’être en désaccord avec ses thèses plutôt jacobines et, comme on le dit maintenant, "souverainistes". Rien n’autorisait, pour autant – sauf la bêtise inculte – à faire de l’élu de Belfort ce "ringard", ce presque délinquant. 

En réalité, on le mesure mieux aujourd’hui, les objections républicaines de ce dernier étaient loin d’être absurdes et les craintes d’une dérive "communautariste" entraînant un délitement de la cohésion nationale étaient plutôt clairvoyantes. Quant aux ambiguïtés idéologiques que l’on pouvait déceler dans certaines convergences entre "souverainistes" de droite et de gauche (disons entre Jean-Pierre Chevènement et Charles Pasqua), elles n’avaient rien à envier aux convergences "libérales-libertaires" qui rapprochaient l’écologie façon Daniel Cohn-Bendit et la sensibilité néolibérale d’Alain Madelin. Entre les deux hommes, une poignée de mains fut médiatisée, à dessein, en 1999 (...) 

On comprend mieux pourquoi le triomphe terminal du mot "république" mérite d’être salué, mais avec un brin d’ironie. Menacée dans sa cohésion par la contagion djihadiste parmi ses citoyens (même les non-musulmans) ; victime de tueries planifiées et de menaces venues d’Irak et de Syrie, la France a besoin plus que jamais de ce rassemblement mobilisateur qu’on appelle "république". L’appartenance à l’Europe (lointaine) et son attachement démocratique aux droits de l’homme (évanescents) ne suffisent pas. Il lui faut rameuter le bleu-blanc-rouge, "la Marseillaise" et "Liberté-égalité-fraternité", le tout composant ce qu’on appelle le récit national

Une chose me paraîtrait à la fois logique et élégante. Les "républicains" convaincus que sont désormais François Hollande et Manuel Valls devraient adresser un signe, un geste reconnaissant, un message subliminal, ou même consulter ce grand aîné qu’ils ont fini par rejoindre sur l’essentiel. Vingt ans après..." 

(Chronique de J.-C. Guillebaud, nouvelobs.com, 30 novembre 2015)